Jean-Luc Briançon, brasseur d’influences

Jean-Luc Briançon joue à Marrakech (Abigoba)Pianiste et compositeur du groupe de jazz Abigoba, Jean-Luc Briançon, prône en faveur de la fusion des genres. Ses études au « Keyboard institute of Los Angeles », en 1992, lui ont ouvert de nombreux horizons.
Bientôt, il fêtera les dix ans du groupe, mais il sera avant tout sur la scène du New Morning, le 4 décembre. Interview.

Votre dernier album s’appelle Urban jazz pressure cooker. Que signifie ce titre ?

On pourrait le traduire par « le fait-tout du jazz urbain ». L’idée, c’est d’y mettre des DJ, des trompettistes, des saxophonistes, des guitaristes de rock, de jazz, des rappeurs…C’est un brassage d’influences. Le résultat de mon voyage aux Etats-Unis.
J’ai pris une claque en arrivant là-bas pour mes études. J’ai joué avec des Cubains, des blues men…Ils jouent tous ensemble. Alors qu’en France, en 1992, on était cloisonné. Il y avait les hard rockers, le disco…Et la fusion des genres était lointaine pour nous. J’étais pianiste de jazz acoustique. Ça me plaisait bien. Mais quand je suis arrivé là-bas, je me suis dit que je n’avais rien vu. C’est cette logique que j’ai appliquée sur mes disques. Il y a toujours des invités, notamment.

L’album s’est-il bien vendu en France ?

Oui. Dans les proportions du jazz, bien entendu. Il est sorti en France en 2006, mais sa distribution internationale ne date que de quelques mois.
Je commence à comprendre que, même s’il y a une crise du disque aujourd’hui, un CD vit beaucoup plus longtemps qu’autrefois. Les artistes n’ont plus la possibilité de faire un disque par an.
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Au sein d’Abigoba, vous connaissez-vous depuis longtemps ?

Oui, nous sommes tous devenus des amis. Tous les musiciens présents jouent avec beaucoup d’autres gens. Mais j’ai de la chance : ils se montrent très prioritaires pour moi ! Ils ont tous des formations excellentes. Et en tant que compositeur, c’est pour moi une pépinière d’inspiration. D’ailleurs quand nous changeons de musicien, j’adapte les morceaux à sa façon de jouer. Je veux que le groupe reste un noyau. On ne doit jamais avoir l’impression qu’ils boeuffent. Et je ne veux pas dire à un musicien : « c’est bête, mais ça ne te va pas ! ».

Vous n’êtes pas seulement musicien, vous avez ouvert un studio…

J’ai un studio d’enregistrement à Lyon qui s’appelle Nuage 7 production. Quand je suis parti aux Etats-Unis pour mes études, j’étais pianiste de jazz, et je suis revenu comme producteur. La première chose que j’ai faite en rentrant en France, c’est de monter ma propre unité de production. Au départ, c’était pour faire mes propres disques, et finalement il a servi à bien d’autres artistes désireux d’enregistrer leurs morceaux. En tant que producteur, je suis totalement éclectique. J’ai malgré tout une préférence pour le jazz, et donc je suis plutôt demandé pour le jazz.

Quel standard de jazz vous a le plus marqué ?

« Le tutu » de Miles Davis. C’est ce titre qui m’a donné envie d’être musicien dans le jazz. J’aimais le jazz, mais j’étais un peu loin de cet univers. J’étais plutôt dans le rock progressif. Et ma mère à l’époque, qui n’avait pas vraiment d’oreille, mais du goût, possédait quelques disques de Miles. Elle les passait de temps en temps, et j’ai été captivé. En 1986, c’était l’époque de « tutu ».

Comment en êtes-vous arrivés à jouer au festival de Marrakech ?

Nous avions une actualité avec l’album, d’abord. De plus, je connais bien l’équipe de production de One More Time, organisatrice du festival.
Mais c’est surtout la démarche interculturelle du festival qui a plu à Abigoba. Comme nous sommes dans la fusion des genres, c’est en voyageant que notre musique s’exporte le mieux.
Une force pour notre groupe. Car cette démarche de fusion n’est pas celle de beaucoup de musiciens. Notamment parce qu’elle demande beaucoup de matériel.
Et avec le sextet, on est assez baroudeurs. Les musiciens qui sont dans cette équipe sont vraiment artistes dans l’âme. Tout est prétexte à jouer.

Propos recueillis par Nina Chauvet

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