« Yes, we can ». Obama l’a scandé pendant toute sa campagne et il l’a fait. Un noir à la Maison Blanche. Le pari lancé aux Etats-Unis d’Amérique est rempli. Les inquiétudes ont pourtant persisté longtemps. On se rappelait que les électeurs avaient réélu Georges W. Bush malgré le chaos irakien. Et on craignait que le conservatisme bien pensant du pays n’empêche cette victoire. Mais les résultats donnent à Barack Obama une large avance.
On ne peut qu’applaudir. Pour le symbole avant tout. Car les idées politiques ne sont pas révolutionnaires. Dire qu’il y a encore quarante ans, la ségrégation empêchait les Noirs d’être assis à côté des Blancs. Difficile de ne pas citer le révérend Martin Luther King dans son fameux discours du 28 août 1963 : « Je fais le rêve qu’un jour juste là-bas en Alabama les petits garçons noirs et les petites filles noires puissent joindre leurs mains avec les petits garçons blancs et les petites filles blanches, comme frères et sœurs ». Avec l’élection d’Obama à la tête de la première puissance mondiale, ce rêve est en partie réalisée.
En partie seulement. Il ne faudrait pas voir dans cette victoire symbolique la fin de toutes les discriminations. Penser qu’aujourd’hui diversité et mixité sont acceptées et voulues par tous. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Aux Etats-Unis d’abord : la pauvreté touche 21 % des noirs, 16,5 % des hispaniques et 2 % seulement des blancs. Ce n’est pas anodin. En France, 61% des personnes noires disent avoir subi une situation de discrimination dans l’année passée. Se réjouir aujourd’hui 5 novembre, au lendemain d’une élection historique, est opportun. Mais il ne faudra pas oublier demain que le combat pour l’égalité continue.
Nina Chauvet