Edito : Euro-incompatibles

By ninachauvet

Traités comme des criminels. Les immigrés illégaux détenus dans les centres de rétention, en attendant le retour au pays, ont le droit à une directive européenne. Un cadeau empoisonné. Car le Conseil des chefs d’Etats européens les condamne au statu quo. C’est vrai, ils sont dans un situation de rêve : enfermés pendant des mois, dans des conditions d’hygiène qui frisent l’indécence. En Grèce, par exemple, les obervateurs ont pu admirer ces latrines débordantes d’excréments. Mais ils n’avaient pas le droit d’entrer sur le sacro-saint territoire européen! Pour les tout puissants de l’UE, l’urgence n’est pas là. Le temps de rétention sera désormais de six mois et pourra, en cas de dérogation, s’étendre à 18 mois. Aujourd’hui, seuls 7 pays sur 27 ont une durée légale de rétention supérieure à 18 mois. Pas question donc d’améliorer la situation actuelle. Et les enfants y séjourneront au même titre que les adultes.

Les droits de l’Homme sont donc bons pour les légaux, les nationaux, pas pour ces Afros ou ces Romanos venus fouler le sol européen pour échapper à la faim, au chômage, aux violences. Et que dire de la disposition interdisant à un irrégulier de revenir avant cinq ans? La fameuse interdiction de réadmission permet à un Etat membre de refuser à un détenu d’entrer, pour quelque raison que ce soit, sur son territoire. Adieu la protection internationale! Si tu n’as pas tes papiers et que ton pays te menace de mort, reste chez toi! Une bonne leçon d’humanisme.

Le clandestin est montré du doigt. C’est un criminel indigne de l’attention des grands défenseurs des droits. Telle quelle, la directive « retour » constitue un plaidoyer pour l’enfermement des illégaux. Et ne réponds en aucun cas à la grande question de l’immigration. Sauf à considérer que la répression est la seule réponse valable.

Nina Chauvet

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